Offre Offshoring Maroc 2025-2030 : AIR, AIS, PAE, PAF

Salaheddine YatimAbdelhakim Soudi

Salaheddine Yatim, Abdelhakim Soudi

Upsilon Consulting

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Offre Offshoring Maroc 2025-2030 : AIR, AIS, PAE, PAF

En bref : La circulaire du Chef du Gouvernement n° 15/2025 du 21 novembre 2025 organise l’Offre Offshoring Maroc, en vigueur du 1er juillet 2025 au 31 décembre 2030. Elle prévoit quatre mesures : l’AIR (l’État prend en charge l’IR des salariés au-delà de 20 % ou 10 % du revenu brut imposable), l’AIS (prise en charge de 56 % du taux d’IS appliqué à la part exportée du résultat), la PAE (17 % du RBI par emploi stable créé) et la PAF (3,5 % du RBI en crédit formation). Ce ne sont pas des dispositions du CGI : l’entreprise paie l’IR et l’IS normalement, puis l’État lui rembourse une partie en N+1. L’accès dépend de la filière, de la part exportée, des effectifs et du lieu d’implantation.

Ce qu’est l’Offre Offshoring Maroc 2025-2030

Pour le contexte du secteur et son régime fiscal de base, voir notre guide de l’offshoring de services au Maroc. Cet article détaille les mesures de la circulaire du Chef du Gouvernement n° 15/2025 du 21 novembre 2025, « Mise en œuvre de l’Offre Offshoring Maroc », prise dans le cadre de la stratégie « Digital Morocco 2030 ».

Les dates à retenir :

  • entrée en vigueur le 1er juillet 2025 ;
  • AIR et AIS applicables dès l’exercice 2025 ;
  • fin des quatre mesures le 31 décembre 2030.

Six annexes l’accompagnent, dont les manuels de procédures de l’AIR, de l’AIS, de la PAE et de la PAF (annexes 3 à 6), approuvés le 1er juillet 2025.

Un point conditionne tout le reste : ces mesures sont des contributions budgétaires et des primes versées par l’État après coup. Elles ne modifient ni le barème de l’IR ni les taux de l’IS. L’entreprise verse l’IR de ses salariés et son IS comme d’habitude, puis dépose un dossier l’année suivante. L’avantage d’un exercice arrive au plus tôt au printemps ou à l’été suivant : le plan de trésorerie doit en tenir compte.

Qui est éligible : les cinq filières et les critères d’export et d’effectif

La circulaire définit l’offshoring comme la « délocalisation de certaines activités ou process d’entreprises vers le Royaume du Maroc ». Elle retient cinq filières :

  • ITO : gestion d’infrastructure, développement de logiciels, maintenance applicative (réseaux LAN/WAN, web et mobile, testing).
  • CRM : accueil, télémarketing, gestion des plaintes et du recouvrement, digital (help desk, télévente B2C/B2B).
  • BPO : fonctions administratives et métiers (traitement comptable et financier, liasses fiscales, paie, gestion des sinistres).
  • ESO : ingénierie, R&D, génie civil (CAO, simulation numérique, software embarqué, recherche clinique).
  • KPO : études de marché, data analytics, publishing spécialisé, legal process outsourcing (modélisation financière, traduction, revue de contrats).

Cette liste (annexe 1) n’est pas exhaustive. Pour l’AIR 20 %, deux conditions communes s’appliquent. La première porte sur la part du chiffre d’affaires de services exportée ; l’année 1 est la première année de bénéfice sous la circulaire 15/2025.

Profil de l’entrepriseAnnée 1Année 2Année 3Année 4Années 5-6
Entreprise nouvellement créée20 %20 %50 %70 %70 %
Entreprise en activité n’ayant jamais bénéficié de l’AIR (ou une seule année)50 %50 %70 %70 %70 %
Entreprise déjà bénéficiaire de l’AIR 20 % pendant au moins 3 ans70 %70 %70 %70 %70 %

La seconde condition fixe un effectif minimal par filière :

FilièreEntreprise nouvelleEntreprise déjà bénéficiaire ou de plus d’un an d’existence
CRM100150
BPO2550
ITO2030
ESO2030
KPO2030

Les autres mesures (AIR 10 %, AIS, PAE) exigent 70 % du chiffre d’affaires de services à l’export et une création nette d’emplois sur six ans, détaillée plus bas. La PAF a ses propres seuils.

Où : P2I, hors P2I, régions sans P2I

Une P2I Offshoring est un espace réservé à l’offshoring, proche d’un grand centre urbain, avec immobilier flexible et guichet unique. Les P2I principales sont Casanearshore à Casablanca et Technopolis à Rabat. La circulaire nomme comme P2I secondaires Fès Shore, Oujda Shore et Tétouan Shore, « ou toute future nouvelle P2I Offshoring en dehors de Rabat et de Casablanca ».

Le lieu d’implantation détermine les mesures accessibles :

ImplantationAIRAISPAEPAF
Dans une P2I Offshoring (Casablanca, Rabat, P2I secondaires)Oui (20 % ; 10 % en P2I secondaire)OuiOuiOui
Hors P2I, dans une région qui compte une P2I (bureau ordinaire à Casablanca ou Rabat)NonNonOuiOui
Région sans P2I OffshoringOui (10 % si critères spécifiques, sinon 20 %)OuiOuiOui

La deuxième ligne surprend souvent : un bureau classique à Casablanca, hors Casanearshore, ne donne droit ni à l’AIR ni à l’AIS.

S’installer en P2I suppose un engagement d’export : au moins 20 % du chiffre d’affaires de services les deux premières années, 50 % la troisième, 70 % à partir de la quatrième. Le dossier, déposé auprès du gestionnaire, est instruit en 5 jours ouvrables (25 si le CTO est saisi pour une activité non listée).

Le guichet unique de la P2I couvre la création juridique, les titres de séjour des salariés étrangers, l’accès aux mesures et les services en ligne de la CNSS et de la DGI.

L’AIR : contribution de l’État sur l’IR au-delà de 20 % ou 10 %

L’AIR (avantage lié à l’impôt sur le revenu) garantit que la charge d’IR de chaque salarié ne dépasse pas 20 % de son revenu brut imposable (RBI) annuel. Le seuil descend à 10 % pour les entreprises installées dans les P2I secondaires (Fès Shore, Tétouan Shore, Oujda Shore), ou dans une région sans P2I lorsqu’elles remplissent les critères spécifiques.

Le calcul se fait salarié par salarié :

  1. contribution = IR versé − (RBI × 20 % ou 10 %), retenue seulement si le résultat est positif ;
  2. somme des contributions de tous les salariés ;
  3. multiplication par le prorata Y = chiffre d’affaires à l’export de services / chiffre d’affaires total.

L’IR retenu est celui effectivement versé au Trésor, hors pénalités, selon l’état 9421 et les avis de versement.

Pour l’AIR 10 %, l’entreprise doit remplir les critères communs et, en plus, réaliser 70 % de son chiffre d’affaires de services à l’export et atteindre une création nette d’emplois (CNE) cumulée sur six ans. T0 est l’effectif de référence. Les seuils sont cumulés :

FilièreT0 (jamais bénéficiaire / déjà bénéficiaire)Année 1Année 2Année 3Année 4Années 5-6
CRM100 / 300T0 + 60T0 + 120T0 + 210T0 + 300T0 + 420
BPO20 / 100T0 + 20T0 + 40T0 + 70T0 + 100T0 + 140
ITO20 / 100T0 + 20T0 + 40T0 + 70T0 + 100T0 + 140
ESO20 / 50T0 + 10T0 + 20T0 + 35T0 + 50T0 + 70
KPO20 / 50T0 + 10T0 + 20T0 + 35T0 + 50T0 + 70

Exemple. Le calcul utilise le barème de l’IR salarial 2026 : 0 % jusqu’à 40 000 DH, puis 10 %, 20 %, 30 %, 34 % et 37 % au-delà de 180 000 DH. Frais professionnels de 25 % plafonnés à 35 000 DH, CNSS de 4,48 % plafonnée à 6 000 DH par mois, AMO de 2,26 %, salarié sans charges de famille.

  • Un ingénieur ITO a un RBI annuel de 400 000 DH. Son IR s’élève à environ 103 100 DH, soit 25,8 % du RBI. Le plafond AIR 20 % est de 80 000 DH. La contribution est d’environ 23 100 DH. Avec 90 % du chiffre d’affaires à l’export, l’État verse environ 20 800 DH pour ce salarié.
  • Un salarié a un RBI de 200 000 DH. Son IR est d’environ 31 500 DH, soit 15,7 % du RBI. L’AIR 20 % ne produit rien. L’AIR 10 % verse environ 11 500 DH × Y.

L’ordre de grandeur à retenir : pour un salarié sans charges de famille, l’AIR 20 % ne joue qu’au-delà d’environ 255 000 DH de RBI annuel. L’AIR 10 % joue dès environ 155 000 DH. L’AIR 20 % cible donc les rémunérations élevées : ITO, ESO, KPO, encadrement. Sur un plateau CRM aux salaires plus modestes, il est souvent inopérant. L’AIR 10 % des P2I secondaires touche une part bien plus large des effectifs.

L’AIR n’est pas cumulable avec les autres dispositifs de soutien à l’investissement de l’État.

L’AIS : 56 % du taux d’IS pris en charge

L’AIS (avantage lié à l’impôt sur les sociétés) est une prise en charge par l’État de 56 % du taux d’IS appliqué, sur le résultat au prorata du chiffre d’affaires de services exporté. La formule de l’annexe 4.1 :

E = A × (B / C) × (taux d’IS × 56 %)

  • A = résultat net fiscal (excédentaire) ;
  • B = chiffre d’affaires de services à l’export ;
  • C = total des produits imposables ;
  • taux d’IS = taux de la loi de finances en vigueur appliqué à l’export.

Les critères sont ceux de l’AIR 10 % : 70 % du chiffre d’affaires de services à l’export et création nette d’emplois cumulée sur six ans selon le même tableau. L’AIS n’est pas cumulable avec les autres aides à l’investissement.

Une exclusion mérite l’attention : l’entreprise dont la cotisation minimale dépasse l’IS n’a pas droit à l’AIS. Une société à marge faible, dont la cotisation minimale excède l’impôt calculé sur le résultat, ne perçoit rien.

L’articulation avec le CGI est simple une fois posée. L’article 6-II-B-4° exonère totalement d’IS pendant 5 exercices les entreprises d’externalisation de services, puis applique le taux de 20 % (voir nos exonérations d’IS). Pendant l’exonération, le taux appliqué est nul, donc l’AIS vaut zéro. Dès que le taux de 20 % s’applique, l’État prend en charge 56 % × 20 % = 11,2 points. L’entreprise supporte 8,8 % sur la part exportée de son résultat et 20 % sur le reste.

Exemple. Résultat net fiscal de 5 000 000 DH. Chiffre d’affaires export de 8 000 000 DH sur 10 000 000 DH de produits imposables, soit 80 %. IS à 20 % = 1 000 000 DH.

  • E = 5 000 000 × 0,8 × 11,2 % = 448 000 DH ;
  • IS net supporté : 552 000 DH, soit 11 % du résultat fiscal (8,8 % sur la part export, 20 % sur les 20 % restants).

Le dossier AIS ajoute aux pièces habituelles les bordereaux d’acomptes d’IS et la liasse certifiée avec le tableau de passage.

La PAE : 17 % du RBI par emploi stable créé

La prime à l’emploi (PAE) représente 17 % du RBI annuel, plafonné à 300 000 DH par salarié, pour chaque nouvel emploi stable, direct et décent. L’emploi doit remplir toutes ces conditions :

  • contrat à durée indéterminée, à temps plein ;
  • au moins 18 mois consécutifs, soit au minimum 468 jours travaillés déclarés à la CNSS ;
  • salarié de nationalité marocaine, déclaré à la CNSS.

La prime est versée une seule fois par salarié sur toute la durée de la circulaire.

L’entreprise doit exercer une activité offshoring, réaliser 70 % de son chiffre d’affaires de services à l’export et atteindre une création nette d’emplois cumulée. Le tableau de l’annexe 5 part d’un T0 de 150 (CRM), 50 (BPO), 30 (ITO, ESO, KPO), puis applique les mêmes paliers que pour l’AIR 10 % : +60/+120/+210/+300/+420 pour le CRM, +20/+40/+70/+100/+140 pour le BPO et l’ITO, +10/+20/+35/+50/+70 pour l’ESO et le KPO.

Seule la création nette compte, T0 étant l’effectif à la fin de l’exercice précédant la première année de bénéfice. Sont exclus les fonctions support (RH, finance, juridique…), les dirigeants et les transferts intragroupe.

La formule : PAE = somme des RBI des salariés retenus × 17 %. Le nombre retenu est le plus petit entre la création nette cumulée moins les salariés déjà primés, et les salariés ayant atteint 18 mois non encore primés. En cas d’excédent, priorité au plus grand nombre de jours travaillés puis au RBI le plus élevé ; le reliquat est reporté.

Le point de vigilance est le délai : si aucune recrue n’a atteint 18 mois lors du premier dépôt, aucune prime n’est versée cette année-là.

Exemple. 40 recrues éligibles au RBI moyen de 90 000 DH : 40 × 90 000 × 17 % = 612 000 DH.

La PAF : 3,5 % du RBI en crédit formation

La prime à la formation (PAF) représente 3,5 % du RBI annuel, plafonné à 300 000 DH, par nouvelle recrue de nationalité marocaine. Elle prend la forme d’un crédit formation par salarié, ouvert à la date de recrutement, versé chaque année et plafonné à 5 ans. En cas de changement d’employeur, le salarié conserve le reliquat. Le crédit est accordé une seule fois par salarié.

Les conditions côté entreprise :

  • activité offshoring ;
  • part du chiffre d’affaires de services à l’export de 20 % (années 1-2), 50 % (année 3), 70 % (années 4-6) pour les entreprises nouvelles ou jamais bénéficiaires du DAF, et 70 % pour les anciennes bénéficiaires du DAF ;
  • effectif minimal en fin d’exercice : CRM 100, BPO 20, ITO 20, ESO 20, KPO 20.

Côté salarié : CDI, au moins 6 mois consécutifs à temps plein déclarés à la CNSS, hors fonctions support et dirigeants.

La formule dépend de l’opérateur :

  • formation externe : par salarié, min(RBI × 3,5 % ; coût TTC de la formation) ;
  • centre de formation interne : 80 % de ces montants.

Les formations sont techniques et liées à l’offshoring, soft skills limités à 30 % du volume horaire, avec un minimum de 18 jours (144 heures) par an. L’opérateur est au choix (maison mère, établissement accrédité, cabinet de formation, centre interne). L’ANAPEC doit être informée 72 heures avant chaque session.

La PAF suit une procédure propre : certificat d’éligibilité annuel délivré par l’AGCTN sur décision du CTO, dossier d’engagement déposé à l’ANAPEC, dossier de paiement entre le 31 mars et le 31 mai de N+1.

Les demandes déposées sous l’ancien dispositif d’aide à la formation (DAF, circulaire 08/2022) avant le 1er juillet 2025 restent régies par cette circulaire.

Exemple. 40 recrues au RBI de 90 000 DH, formation externe de 4 000 DH TTC chacune : min(3 150 ; 4 000) × 40 = 126 000 DH.

Procédure et calendrier

Pour l’AIR, l’AIS et la PAE, la procédure est commune.

Dépôt. Entre le 31 mars et le 31 mai de l’année N+1, auprès de l’AGCTN (Autorité Gouvernementale chargée de la Transition Numérique), contre accusé de réception, et/ou sur la plateforme digitale mise en place par l’AGCTN. Si l’entreprise demande plusieurs mesures pour le même exercice, un seul original des pièces communes suffit.

Dossier AIR. Demande (annexe 3.1 ou 3.2), listing des salariés compatible 9421 (annexe 3.3), note sur les éléments du RBI (3.4), attestation sur l’honneur (3.5), état 9421 certifié et avis de versement mensuels de l’IR, liasse certifiée, attestations de chiffre d’affaires total et export, deux attestations CNSS, régularité fiscale, RC modèle 7, RIB de moins de 3 mois. Pour l’AIR 10 %, s’ajoute l’attestation CNSS de l’effectif à la fin de N-1.

Examen. Le CTO (Comité Technique de l’Offshoring), présidé par l’AGCTN et réunissant notamment le Budget, la DGI, la CNSS et l’AMDIE, examine et approuve les dossiers. Il se réunit au moins deux fois par mois.

Paiement. Au plus tard 60 jours ouvrables après le dépôt du dossier complet.

Dossiers incomplets. Ils peuvent être annulés 18 mois après le premier dépôt, après notification et un délai de 60 jours ouvrables pour compléter.

Contrôles. Une contribution surévaluée se restitue sous 60 jours ouvrables, sinon l’éligibilité est suspendue. Les fausses pièces exposent à des poursuites pénales.

Pour un exercice 2025 clos au 31 décembre, le dossier se dépose entre le 31 mars et le 31 mai 2026. Il repose sur l’état 9421, la liasse fiscale et les déclarations CNSS : ces trois sources doivent concorder.

Non-cumul, mesures transitoires et fin du dispositif

Non-cumul. L’AIR et l’AIS excluent les autres aides de l’État à l’investissement. La PAE est exclue sous convention spécifique de prime à l’emploi. La PAF exclut les contrats spéciaux de formation (OFPPT) et les programmes d’employabilité de l’ANAPEC.

Mesures transitoires. Une entreprise qui s’engage à s’installer dans une P2I peut, à titre exceptionnel, bénéficier de l’AIR et de l’AIS avant d’y être installée. Il lui faut une convention ou un mémorandum d’entente avec l’État et une promesse de bail. L’AIR porte alors sur les effectifs qu’elle relocalisera totalement dans la P2I. L’avantage court de la signature de la convention jusqu’à la mise à disposition des locaux.

Fin du dispositif. Les quatre mesures prennent fin le 31 décembre 2030. Une entreprise qui crée sa société au Maroc dans l’offshoring doit en tenir compte : exonérée d’IS pendant ses cinq premiers exercices, une société créée en 2026 sera encore exonérée en 2030 et ne tirera rien de l’AIS avant l’échéance du dispositif, sauf reconduction. Pour comparer les modèles d’implantation, voir les stratégies de nearshoring.

Ce que la presse a déformé

« Un taux effectif d’IS de 11 % ». Le chiffre de 11,2 % est la part du taux prise en charge par l’État (56 % de 20 %). Ce n’est pas ce que paie l’entreprise. Sur la part exportée de son résultat, l’entreprise supporte 8,8 %. Le chiffre de 11 % n’apparaît que si l’on mélange la part export et le reste, comme dans l’exemple ci-dessus à 80 % d’export.

« 56 % dès la 6e année ». L’AIS s’applique dès que l’IS est effectivement appliqué. Pour une entreprise nouvelle exonérée pendant 5 exercices par l’article 6, cela revient à partir du 6e exercice. Pour une entreprise déjà imposée à 20 %, c’est immédiat, dès l’exercice 2025.

« L’IR plafonné à 20 % ». Le barème ne change pas. L’employeur retient et verse l’IR au barème normal ; l’État lui rembourse en N+1 la part au-delà de 20 % (ou 10 %) du RBI, au prorata de l’export.

Questions fréquentes

L’Offre Offshoring remplace-t-elle l’exonération d’IS de l’article 6 du CGI ?

Non. L’article 6-II-B-4° du CGI continue de s’appliquer : exonération totale d’IS pendant 5 exercices, puis taux de 20 %. L’AIS de la circulaire 15/2025 est une contribution budgétaire qui prend en charge 56 % du taux d’IS appliqué. Pendant l’exonération, le taux appliqué est nul et l’AIS vaut zéro. Elle ne produit un effet qu’à partir du moment où l’IS à 20 % est effectivement dû.

Une entreprise installée dans un bureau à Casablanca, hors P2I, peut-elle bénéficier de l’AIR ?

Non. Hors P2I Offshoring, dans une région qui compte une P2I, comme Casablanca ou Rabat, l’entreprise n’a accès ni à l’AIR ni à l’AIS. Elle reste éligible à la prime à l’emploi (PAE) et à la prime à la formation (PAF) si elle remplit leurs conditions. L’AIR est en revanche ouvert dans les P2I et dans les régions qui n’ont pas de P2I Offshoring.

À partir de quel salaire l’AIR 20 % produit-il un effet ?

Pour un salarié sans charges de famille, l’IR ne dépasse 20 % du revenu brut imposable qu’au-delà d’environ 255 000 DH par an. En dessous, l’AIR 20 % ne verse rien. L’AIR 10 %, réservé aux P2I secondaires (Fès Shore, Oujda Shore, Tétouan Shore) et aux régions sans P2I sous critères spécifiques, joue dès environ 155 000 DH de RBI annuel.

Quand et où déposer les dossiers ?

Les dossiers AIR, AIS et PAE se déposent entre le 31 mars et le 31 mai de l’année qui suit l’exercice concerné, auprès de l’Autorité Gouvernementale chargée de la Transition Numérique (AGCTN) ou sur sa plateforme digitale. Le Comité Technique de l’Offshoring (CTO) statue et le paiement intervient au plus tard 60 jours ouvrables après le dépôt du dossier complet. La PAF suppose en plus un certificat d’éligibilité annuel et un dossier d’engagement déposé à l’ANAPEC.

Les mesures sont-elles cumulables avec la charte de l’investissement ou les contrats spéciaux de formation ?

L’AIR et l’AIS ne sont pas cumulables avec les autres dispositifs de soutien à l’investissement de l’État. La PAE est exclue pendant la durée d’une convention spécifique conclue avec l’État pour une prime à l’emploi. La PAF n’est cumulable ni avec les contrats spéciaux de formation (OFPPT) ni avec les programmes d’employabilité de l’ANAPEC. Une entreprise qui bénéficie déjà d’une aide de l’État doit vérifier la compatibilité avant de déposer.


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Questions fréquentes

L'Offre Offshoring remplace-t-elle l'exonération d'IS de l'article 6 du CGI ?
Non. L'article 6-II-B-4° du CGI continue de s'appliquer : exonération totale d'IS pendant 5 exercices, puis taux de 20 %. L'AIS de la circulaire 15/2025 est une contribution budgétaire qui prend en charge 56 % du taux d'IS appliqué. Pendant l'exonération, le taux appliqué est nul et l'AIS vaut zéro. Elle ne produit un effet qu'à partir du moment où l'IS à 20 % est effectivement dû.
Une entreprise installée dans un bureau à Casablanca, hors P2I, peut-elle bénéficier de l'AIR ?
Non. Hors P2I Offshoring, dans une région qui compte une P2I, comme Casablanca ou Rabat, l'entreprise n'a accès ni à l'AIR ni à l'AIS. Elle reste éligible à la prime à l'emploi (PAE) et à la prime à la formation (PAF) si elle remplit leurs conditions. L'AIR est en revanche ouvert dans les P2I et dans les régions qui n'ont pas de P2I Offshoring.
À partir de quel salaire l'AIR 20 % produit-il un effet ?
Pour un salarié sans charges de famille, l'IR ne dépasse 20 % du revenu brut imposable qu'au-delà d'environ 255 000 DH par an. En dessous, l'AIR 20 % ne verse rien. L'AIR 10 %, réservé aux P2I secondaires (Fès Shore, Oujda Shore, Tétouan Shore) et aux régions sans P2I sous critères spécifiques, joue dès environ 155 000 DH de RBI annuel.
Quand et où déposer les dossiers ?
Les dossiers AIR, AIS et PAE se déposent entre le 31 mars et le 31 mai de l'année qui suit l'exercice concerné, auprès de l'Autorité Gouvernementale chargée de la Transition Numérique (AGCTN) ou sur sa plateforme digitale. Le Comité Technique de l'Offshoring (CTO) statue et le paiement intervient au plus tard 60 jours ouvrables après le dépôt du dossier complet. La PAF suppose en plus un certificat d'éligibilité annuel et un dossier d'engagement déposé à l'ANAPEC.
Les mesures sont-elles cumulables avec la charte de l'investissement ou les contrats spéciaux de formation ?
L'AIR et l'AIS ne sont pas cumulables avec les autres dispositifs de soutien à l'investissement de l'État. La PAE est exclue pendant la durée d'une convention spécifique conclue avec l'État pour une prime à l'emploi. La PAF n'est cumulable ni avec les contrats spéciaux de formation (OFPPT) ni avec les programmes d'employabilité de l'ANAPEC. Une entreprise qui bénéficie déjà d'une aide de l'État doit vérifier la compatibilité avant de déposer.

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