Auto-entrepreneur IR Maroc 2026 : taux 0,5% et 1%, seuils CA et obligations | Upsilon

Inass Barakat

Inass Barakat

Manager — Audit et Conseil

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Auto-entrepreneur IR Maroc 2026 : taux 0,5% et 1%, seuils CA et obligations | Upsilon

En bref : Le statut d’auto-entrepreneur (AE) au Maroc offre un régime fiscal ultra-simplifié : un IR de 0,5 % du CA pour les activités commerciales/industrielles/artisanales et de 1 % du CA pour les prestations de services (Art. 73-III du CGI). Les seuils de chiffre d’affaires sont fixés à 500 000 MAD pour le commerce et 200 000 MAD pour les services. En cas de dépassement pendant deux années consécutives, le Résultat Net Réel (RNR) s’applique à compter du 1er janvier de l’année suivante, sauf option pour la Contribution Professionnelle Unique (CPU) ou le Résultat Net Simplifié (RNS), et le retour au régime AE n’est plus possible (Art. 43-4°).

Le régime de l’auto-entrepreneur : cadre légal

Le statut d’auto-entrepreneur a été instauré pour encourager la formalisation de l’économie informelle au Maroc. Régi par les articles 42 bis, 42 ter et 73-III du Code Général des Impôts (CGI), ce régime offre une fiscalité allégée et des obligations déclaratives simplifiées.

Qui peut opter pour le statut AE ? (Art. 42 ter)

Toute personne physique exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale ou de prestations de services peut adopter le statut d’auto-entrepreneur sous réserve de respecter les conditions suivantes :

  • Seuils de chiffre d’affaires : le CA annuel encaissé ne doit pas dépasser 500 000 MAD pour les activités commerciales, industrielles et artisanales, ou 200 000 MAD pour les prestations de services.
  • Adhésion à la sécurité sociale : l’inscription au régime de la CNSS est obligatoire depuis la réforme du statut.
  • Exclusion des professions réglementées : les professions libérales dont la liste est fixée par voie réglementaire ne peuvent pas bénéficier de ce statut (avocats, notaires, médecins, experts-comptables, architectes, etc.).
  • Activités multiples : l’auto-entrepreneur peut exercer plusieurs activités relevant de plafonds différents ; l’option n’est valable que si le CA encaissé de chaque catégorie respecte son propre plafond, ou si le CA total ne dépasse pas le plafond de l’activité exercée à titre principal (Art. 43-5°).

Base imposable : le CA encaissé (Art. 42 bis)

Contrairement aux régimes classiques (RNR, RNS) où l’on détermine un bénéfice net, la base imposable de l’auto-entrepreneur est constituée par le chiffre d’affaires effectivement encaissé au cours de la période considérée. Aucune déduction de charges n’est admise — ni frais professionnels, ni amortissements, ni provisions.

Cette simplicité est l’atout majeur du statut : pas de comptabilité à tenir, pas de bilan à établir, et pas de liasse fiscale à déposer.

Taux d’IR applicables (Art. 73-III)

L’impôt sur le revenu dû par l’auto-entrepreneur est calculé par application de taux spécifiques au chiffre d’affaires encaissé :

Nature de l’activitéTaux IR
Activités commerciales, industrielles et artisanales0,5 %
Prestations de services1 %

Ces taux sont libératoires (Art. 73, dernier alinéa) : le chiffre d’affaires qui y est soumis n’entre pas dans le barème progressif. Deux exceptions : (1) lorsque le CA de prestations de services réalisé pour un même client dépasse 80 000 MAD dans l’année, le surplus est soumis à une retenue à la source libératoire de 30 %, opérée par ce client s’il est une personne morale ou une personne physique au RNR ou au RNS (Art. 42 bis, 45 bis-II, 73-II-G-8° et 157-II) ; (2) les plus-values nettes de cession ou de retrait des biens corporels et incorporels affectés à l’activité sont imposées au barème progressif de l’article 73-I (Art. 42 bis).

Droit complémentaire trimestriel

En complément de l’IR, l’auto-entrepreneur est redevable d’un droit complémentaire déterminé selon les tranches du montant des droits annuels dus (et non du chiffre d’affaires), conformément au tableau annexé au CGI :

Tranches des droits annuels (MAD)Droit complémentaire trimestrielDroit complémentaire annuel
Moins de 500300 MAD1 200 MAD
De 500 à 1 000390 MAD1 560 MAD
De 1 001 à 2 500570 MAD2 280 MAD
De 2 501 à 5 000720 MAD2 880 MAD
De 5 001 à 10 0001 050 MAD4 200 MAD
De 10 001 à 25 0001 500 MAD6 000 MAD
De 25 001 à 50 0002 250 MAD9 000 MAD
Supérieur à 50 0003 600 MAD14 400 MAD

Ce droit complémentaire suit les mêmes tranches que celles applicables à la Contribution Professionnelle Unique (CPU). Il est payable en même temps que l’IR mensuel ou trimestriel via la plateforme dédiée.

Déclaration mensuelle ou trimestrielle et paiement

L’auto-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires encaissé et paie son IR mensuellement ou trimestriellement, selon l’option formulée, via la plateforme nationale de l’auto-entrepreneur (ae.gov.ma) (Art. 82 bis et 173-II). En cas d’option mensuelle, la déclaration et le paiement interviennent avant la fin du mois qui suit celui de l’encaissement. La déclaration doit être effectuée même en cas de CA nul pour la période concernée.

En cas d’option trimestrielle, les échéances sont les suivantes :

  • T1 (janvier-mars) : déclaration avant fin avril
  • T2 (avril-juin) : déclaration avant fin juillet
  • T3 (juillet-septembre) : déclaration avant fin octobre
  • T4 (octobre-décembre) : déclaration avant fin janvier de l’année suivante

Le paiement se fait en ligne par carte bancaire, virement ou via les réseaux de paiement agréés.

Dépassement des seuils : sortie du régime (Art. 43-4°)

Lorsque le chiffre d’affaires encaissé de l’auto-entrepreneur dépasse les seuils pendant deux années consécutives, l’option pour le régime de l’auto-entrepreneur cesse d’être valable (Art. 43-4°) :

  • CA > 500 000 MAD (commerce) ou > 200 000 MAD (services) pendant deux années consécutives → application du Résultat Net Réel (RNR), sauf option pour la Contribution Professionnelle Unique (CPU) ou le Résultat Net Simplifié (RNS) formulée dans les conditions de forme et de délai de l’article 44.
  • Ce changement prend effet à compter du 1er janvier de l’année suivant les deux années de dépassement ; le contribuable ne peut plus bénéficier ensuite du régime de l’auto-entrepreneur.

L’auto-entrepreneur doit alors tenir une comptabilité conforme au régime applicable et souscrire les déclarations fiscales correspondantes. Pour les activités en forte croissance, la transition vers la SARL peut s’avérer plus adaptée.

Option volontaire (Art. 44-I)

L’auto-entrepreneur peut opter pour la CPU ou le RNS en adressant une demande écrite à l’inspecteur des impôts de son domicile fiscal ou de son principal établissement, par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé, dans le délai de dépôt de la déclaration du revenu global de l’année précédente (Art. 44-I). Le CGI ne fixe pas de durée minimale pour cette option : elle reste valable tant que le chiffre d’affaires ne dépasse pas les plafonds du régime choisi pendant deux exercices ou années consécutifs (Art. 39 et 41-II).

Comparaison AE, CPU et RNS

CritèreAuto-entrepreneurCPURNS
Seuil CA (commerce)500 000 MAD2 000 000 MAD2 000 000 MAD
Seuil CA (services)200 000 MAD500 000 MAD500 000 MAD
Taux IR0,5 % / 1 % du CA10 % du CA × coefficient + droit complémentaireBarème progressif
ComptabilitéAucunePièces justificatives des achats (Art. 146 bis)Registres des recettes et dépenses (Art. 145-VI)
DéclarationMensuelle ou trimestrielle en ligneAnnuelle (avant le 1er avril)Annuelle (avant le 1er mai)
Déduction de chargesNonNon (coefficient forfaitaire)Charges réelles

Lorsque les charges réelles représentent une part significative du CA (supérieure à 40-50 %), le régime du RNS ou la transition vers une SARL soumise à l’IS devient fiscalement plus avantageux.

Cas pratique : AE e-commerce avec CA de 400 000 MAD

Prenons l’exemple d’un auto-entrepreneur exerçant une activité de vente en ligne (e-commerce) ayant réalisé un chiffre d’affaires encaissé de 400 000 MAD sur l’année.

ÉlémentMontant (MAD)
Chiffre d’affaires annuel encaissé400 000
IR annuel (0,5 % × 400 000)2 000
Droit complémentaire (tranche 1 001 à 2 500 DH : 570 MAD × 4 trimestres)2 280
Total IR + droit complémentaire4 280

La charge fiscale totale représente environ 1,07 % du CA, un taux effectif très compétitif. Si cet auto-entrepreneur supporte des charges d’achat de marchandises de 250 000 MAD, son bénéfice réel est de 150 000 MAD : au régime RNS, l’IR serait calculé au barème sur ce bénéfice net (150 000 × 34 % − 22 000 = 29 000 MAD avant réduction pour charges de famille), soit une charge nettement supérieure. Le régime AE reste ici le plus favorable tant que les plafonds sont respectés.

Foire aux questions (FAQ)

Un auto-entrepreneur doit-il s’inscrire à la CNSS ?

Oui, l’adhésion au régime de sécurité sociale est désormais obligatoire pour tout auto-entrepreneur. Cette adhésion donne accès à la couverture maladie (AMO) et à une pension de retraite. La cotisation est calculée sur la base du CA déclaré.

Quelles professions sont exclues du statut auto-entrepreneur ?

Les professions réglementées fixées par voie réglementaire sont exclues du statut (Art. 42 ter-III du CGI). Il s’agit notamment des professions libérales organisées en ordres professionnels : avocats, médecins, experts-comptables, architectes, notaires, ingénieurs géomètres, etc.

Quand dois-je passer d’AE à SARL ?

Le passage d’auto-entrepreneur à SARL est recommandé lorsque : (1) votre CA dépasse régulièrement les seuils AE, (2) vous souhaitez déduire vos charges réelles pour optimiser votre fiscalité, (3) vous avez besoin de crédibilité commerciale accrue (marchés publics, financements bancaires), ou (4) vous envisagez de vous associer. L’impôt sur les sociétés est de 20 % pour tout bénéfice net fiscal inférieur à 100 M MAD (35 % au-delà).

Comment déclarer un trimestre avec un CA nul ?

Vous devez impérativement effectuer une déclaration à néant via la plateforme ae.gov.ma, même si aucun encaissement n’a été réalisé. Le défaut de déclaration peut entraîner des pénalités et, en cas de non-déclaration prolongée, la radiation du registre des auto-entrepreneurs.

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Cet article est rédigé par l’équipe d’experts-comptables d’Upsilon Consulting, cabinet inscrit à l’Ordre des Experts-Comptables (OEC) du Maroc.

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